Le Mouvement Croisé ( cross crawl )

C’est un fait établi, sur le plan moteur, la plus grande partie de l’hémisphère cérébral droit s’occupe des activités du coté gauche du corps et, inversement, le coté droit est mis en action par notre hémisphère gauche. Pour que ces deux entités travaillent de façon intégrée et forment un tout, elles sont interconnectées par un faisceau complexe de fibres nerveuses appelé: LE CORPS CALLEUX.

Pendant l’enfance, ce système de connections se met en place entre six mois et un an, quand nous commençons à ramper et à marcher à quatre pattes. Il synchronise et intègre l’information de telle sorte que les deux hémisphères puissent utiliser ce schéma d’action le plus efficacement toute la vie durant. Pourtant, cette période « bénie » où l’enfant passe du rampant au quadrupède peut être raccourcie voire inexistante pour des raisons « x ou y », que nous ne détaillerons pas ici. Le programme moteur « mouvement croisé » n’ayant pas été intégré de manière automatique, il se peut que, plus tard, le petit d’homme, devenu bipède, ait des difficultés avec de nombreuses activités motrices bilatérales, se concentrant « à l’extrême » sur ce schéma moteur « non réellement intégré » et ne pouvant donc libérer son esprit pour traiter toute autre information. Cela pourra se manifester par des maladresses, une rigidité de mouvements ou encore des difficultés de concentration et de compréhension pouvant le poursuivre jusque dans sa vie d’adulte.

« Maiiiiiiiis… qu’est ce que des difficultés de compréhension ont à voir avec le fait de ne pas avoir usé suffisamment genoux et paumes de mains sur le sol de la cuisine parentale ? » me direz-vous. Pour « apprendre » facilement et réagir de manière adéquate à toutes situations que la vie nous propose, nos deux hémisphères doivent être impliqués dans l’opération et communiquer continuellement au travers du corps calleux. En effet chaque hémisphère a reçu un travail particulier à accomplir. Le DROIT traite la globalité des choses, assemblant les détails pour qu’ils forment un tout, alors que le GAUCHE fragmente l’image globale pour faire ressortir les détails. L’un voit la forêt alors que l’autre s’intéresse à l’épicéa de droite. Il est alors aisé de comprendre que pour avoir un point de vue le plus large, le plus détaillé et le plus object if possible sur un événement, quel qu’il soit, il est important que ces “deux cerveaux” travaillent en harmonie.

Les mouvements croisés agissent en ce sens. Pratiqués debout, telle une marche consciente (cross crawl), à quatre pattes ou allongé, la mobilisation d’un bras et la jambe du côté opposé (et inversement), active de manière simultanée de larges zones des deux hémisphères cérébraux. Lorsqu’on s’adonne régulièrement à cet exercice, des réseaux de neurones plus nombreux de forment, établissant ainsi une communication plus rapide et plus intégrée entre les deux hémisphères, qui facilite le raisonnement de haut niveau.

De plus, il semblerait que les mouvements croisés, pratiqués régulièrement, puissent aider à restaurer o u développer trois éléments clés des schèmes de mouvements typiquement humains : La conscience posturale profonde, la proprioception musculaire et l’équilibre vestibulaire. En effet, ce dernier agit comme un « niveau » de menuisier indiquant la position du corps dans l’espace. Lors des exercices de cross-crawl, tout se passe comme si ce niveau (et sa bulle d’air, indiquant ici les inclinaisons du corps), se déplaçaient sans cesse. Nos muscles posturaux profonds dont le travail est de nous maintenir debout réajusteraient en conséquence leur tonus aidés en cela par une proprioception affinée qui gérerait le juste équilibre entre contraction et décontraction musculaire. Tout ce beau monde travaillant de concert pour nous éviter la chute, l’air bête et les rires moqueurs des spectateurs, livrés souvent dans le même paquet.